Le Paris des Écrivains : 5 cafés mythiques où la littérature s'écrit encore

Le Paris des Écrivains : 5 cafés mythiques où la littérature s'écrit encore

Depuis des siècles, les cafés parisiens ne sont pas de simples lieux de consommation ; ce sont des extensions du bureau de l’écrivain. Dans ces établissements, on a refait le monde, rédigé des manifestes et corrigé des épreuves entre deux cafés-crème.

Voici un voyage au cœur de cinq adresses où l'esprit des grands auteurs imprègne encore les boiseries.
 

1. Le Café de Flore : Le Quartier Général de l’Existentialisme

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir devant la statue de Balzac (érigée en 1939), boulevard Raspail, Paris. Copyright holder is Archives Gallimard at Paris, Archives Gallimard no longer exists (Domaine Public)

Situé à l'angle du boulevard Saint-Germain, le Flore est sans doute le café le plus célèbre au monde. Pendant l'Occupation, il est devenu le refuge de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir.

  • L’anecdote : Le couple s’y installait dès 9 heures du matin. Sartre écrivait : « Nous nous y installions complètement : de neuf heures du matin à midi, nous y travaillions, nous allions déjeuner, à deux heures nous y revenions et nous causions alors avec des amis que nous rencontrions jusqu'à huit heures. »
  • Aujourd’hui : On y croise encore le Tout-Paris littéraire, et le prestigieux Prix de Flore y est remis chaque année en novembre.

 

2. Les Deux Magots : Le Rival Historique

Photo de Marcel Proust par Otto Wegener (1849-1924). Sur carton du photographe, dimensions 14,2 x 10,2 cm. De la série de plusieurs poses en 1895, le bas du carton n'est pas reproduit. (Domaine Public)

Juste en face du Flore, Les Deux Magots a accueilli la fine fleur du symbolisme avant de devenir le repaire d'Albert Camus et d'Ernest Hemingway.

  • L’anecdote : C'est ici qu'en 1922, James Joyce et Marcel Proust se sont rencontrés pour la seule et unique fois. La légende raconte que la conversation fut décevante, les deux génies ne parlant que de leurs problèmes de santé respectifs.
  • L'ambiance : Ses célèbres statues chinoises (les "magots") surveillent toujours les salles où se murmurent les secrets de l'édition.

 

3. La Closerie des Lilas : Le Phare de Montparnasse

Oscar Wilde (1854-1900) on May 23 1889. Picture by W. and D. Downey. (Domaine Public)

À l'autre bout de la rive gauche, ce café-brasserie ombragé était le lieu de prédilection de la "Génération Perdue".

  • L’anecdote : C'est sur ces tables de marbre qu'Ernest Hemingway a rédigé une grande partie de son roman Le soleil se lève aussi. Un petit écusson en cuivre sur le comptoir marque d'ailleurs sa place favorite.
  • Le style : Plus intime et verdoyant, c’est le lieu idéal pour imaginer Paul Verlaine jouant aux échecs ou Oscar Wilde fuyant ses créanciers.

 

4. Le Procope : Le Berceau des Lumières

Photo : Amandine Goetz

Fondé en 1686, c’est le plus ancien café de Paris. Ici, on ne parle pas seulement de littérature, mais de révolution.

  • L’anecdote : Voltaire y buvait, dit-on, jusqu’à 40 tasses d'un mélange de café et de chocolat par jour pour stimuler son esprit. Diderot y aurait conçu des morceaux de l'Encyclopédie entre deux parties de billard.
  • À voir : Le chapeau de Napoléon, laissé en gage pour une dette de café, y est toujours exposé.

 

5. Le Rosebud : L’Élégance de l’Ombre

Marguerite Duras en 1960. Photo d'identité (Sacem). (Domaine Public)

Moins touristique et plus nocturne, ce bar du quartier Montparnasse fut le dernier salon de Marguerite Duras.

  • L’anecdote : Duras y avait ses habitudes, trouvant dans l'ambiance feutrée et jazzy de ce lieu un écho à sa propre mélancolie. C’est un endroit où l’on vient pour boire un whisky en écoutant le silence des mots non dits.
  • Pourquoi y aller : Pour échapper aux foules et retrouver le Paris des initiés.

 

Si les géants ne sont plus là, la tradition perdure. Aujourd'hui, de nouveaux lieux comme la Librairie-Café Used Book Café (dans le Marais) ou La Belle Hortense mêlent le plaisir du vin à celui de la lecture, prouvant que Paris reste, envers et contre tout, une fête de l’esprit.

 

Photo à la Une : Le Café de Flore vers 1900. (Domaine Public)